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UNIVERSITÉ HENRI POINCARÉ                         FACULTÉ DE MÉDECINE DE NANCY

NANCY I  2010

 

EXTRAITS DE LA THÈSE

Pour obtenir le grade de

DOCTEUR EN MÉDECINE

 

Présentée et soutenue publiquement

Dans le cadre du troisième cycle de

Médecine Spécialisée

 

Par

Céline BARTHELEMY VOJACSEK 

Le 28 Septembre 2010

 

FAMILLES GOUVERNANTES,

UN PROJET DE VIE DANS LA CITÉ FACE AU HANDICAP PSYCHIQUE

 

Expérience des résidents au Pôle 56 du CHS de Jury-lès-Metz

 

Examinateurs de la thèse :

Monsieur le Professeur D. SIBERTIN-BLANC

Professeur                                    Président

Monsieur le Professeur R. SCHWAN

Professeur                                            Juge

Monsieur le Professeur B. KABUTH

Professeur                                            Juge

Monsieur le Docteur M. BLANC Maître de Thèse

Docteur en Médecine                         Juge

 

UNIVERSITÉ HENRI POINCARÉ, NANCY I

 

 

Résumé :

« Les alternatives à l’hospitalisation, officiellement reconnues depuis 1986, sont issues de la politique de secteur. Ces structures horizontales intégrées au tissu social, très hétérogènes, cherchent à pallier le handicap engendré par certaines pathologies mentales. Plusieurs d’entre elles offrent des prestations de logement, celui-ci ayant été évalué comme un élément majeur de prise en charge.

C’est le cas des « Familles Gouvernantes », objet de notre travail.

 

Dans une première partie, l’auteur propose une présentation de la philosophie, de l’histoire et du fonctionnement de ce dispositif au sein du Pôle 56 du CHS de Jury-lès-Metz, illustrée par deux vignettes cliniques.

 

Dans un second temps, une étude y a été réalisée auprès de 41 résidents. Après avoir mis en évidence leurs caractéristiques socio-démographiques et leur trajectoire de soins, l’auteur a souhaité connaître le point de vue des usagers sur cette structure, en termes d’amélioration des relations socio-familiales, de gain d’autonomie, de vécu de la maladie, de perception de l’aide apportée, de bien-être et du sentiment de « Chez-soi ».

Des facteurs éventuels de variation du ressenti des pensionnaires ont également été recherchés. La portée de ces résultats a ensuite été analysée selon les données de la littérature.

 

En dernier lieu, après un panorama historique du droit de "cité" des malades mentaux, l’impact du dispositif est examiné, à travers ses avantages et ses inconvénients, dans le paysage actuel des alternatives à l’hospitalisation. »

 


 

INTRODUCTION

« Les maladies mentales peuvent prendre des formes particulièrement envahissantes. Certaines, telles les psychoses chroniques, ont une évolution au long cours, avec un retentissement social et professionnel très péjoratif, entraînant isolement, précarité, exclusion, et sont donc génératrices de handicap.

Le handicap psychique a été officiellement reconnu par la loi du 11 février 2005. Désormais, les difficultés vécues au quotidien par ces individus sont reconnues comme incapacités ; de malades, ils deviennent personnes en situation de handicap, nécessitant donc accompagnement et compensation éventuels. Néanmoins, les limites de ce nouveau concept demeurent imprécises, et il n’existe pas de définition consensuelle de la part des différents intervenants. Il questionne, en effet, deux champs professionnels aux cultures et pratiques différentes : le secteur médico-social, qui se voit confronté à ses limites de prise en charge, et les secteurs psychiatriques qui, en pleine recomposition, se voient dans l’obligation de penser de nouveaux modes d’accompagnement et de partenariat. Il vient donc bouleverser les cadres d’analyse et de prise en charge catégoriels et cloisonnés existants jusque là.

Face à cette perte d’autonomie due à la maladie mentale, les alternatives à l’hospitalisation apparaissent comme l’une des tentatives de solution pouvant être proposée dans ce contexte. En effet, un certain nombre de personnes, réputées peu sociables, restent hospitalisées alors que leur état de santé ne le nécessite plus, faute d’hébergement dans la cité, la vie en appartement particulier étant incompatible avec leur handicap. La fonction sociale de l’hôpital a ainsi besoin d’être transférée vers d’autres espaces. Parmi ces alternatives à l’hospitalisation, l’une d’entre elles, que nous avons découverte au cours de notre internat de psychiatrie, a retenu notre attention. Il s’agit des « Familles Gouvernantes ».

Ce dispositif regroupe, sous la forme d’une colocation, cinq à six personnes qui ne peuvent pas vivre seules de façon autonome et qui ne relèvent plus d’une structure de soins ou d’un mode d’hébergement institutionnel. Elles bénéficient collectivement de la prestation d’une gouvernante, chargée de veiller à leur bien-être et à l’organisation de leur vie quotidienne, grâce à une part de leurs indemnités perçues au titre de leur handicap. Ce dispositif propose ainsi un accompagnement dans le quotidien, non géré par un soignant, au sein d’une sphère quasi-familiale, pour une population particulièrement exposée au stress et au sentiment d’insécurité. » …