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Quelques précisions nécessaires

(reprises dans la thèse du Docteur Céline Barthélémy Vojacsek du 28 septembre 2010)

 

Le handicap psychique a été officiellement reconnu par la loi du 11 février 2005. Désormais, les difficultés vécues au quotidien par ces individus sont reconnues comme incapacités; de malades, ils deviennent personnes en situation de handicap, nécessitant donc accompagnement et compensation éventuels.

Néanmoins, les limites de ce nouveau concept demeurent imprécises, et il n’existe pas de définition consensuelle de la part des différents intervenants.

Il questionne, en effet, deux champs professionnels aux cultures et pratiques différentes : le secteur médico-social, qui se voit confronté à ses limites de prise en charge, et les secteurs psychiatriques qui, en pleine recomposition, se voient dans l’obligation de penser de nouveaux modes d’accompagnement et de partenariat. Il vient donc bouleverser les cadres d’analyse et de prise en charge catégoriels et cloisonnés existants jusque là.

Face à cette perte d’autonomie due à la maladie mentale, les alternatives à l’hospitalisation apparaissent comme l’une des tentatives de solution pouvant être proposée dans ce contexte.

En effet, un certain nombre de personnes, réputées peu sociables, restent hospitalisées alors que leur état de santé ne le nécessite plus, faute d’hébergement dans la cité, la vie en appartement particulier étant incompatible avec leur handicap.

 

La fonction sociale de l’hôpital a ainsi besoin d’être transférée vers d’autres espaces. Parmi ces alternatives à l’hospitalisation, l’une d’entre elles, que nous avons découverte au cours de notre internat de psychiatrie, a retenu notre attention.

 

Il s’agit des « Familles Gouvernantes ».

 

Ce dispositif regroupe, sous la forme d’une colocation, cinq à six personnes qui ne peuvent pas vivre seules de façon autonome et qui ne relèvent plus d’une structure de soins ou d’un mode d’hébergement institutionnel.

Elles bénéficient collectivement de la prestation d’une gouvernante, chargée de veiller à leur bien-être et à l’organisation de leur vie quotidienne, grâce à une part de leurs indemnités perçues au titre de leur handicap.

Ce dispositif propose ainsi un accompagnement dans le quotidien, non géré par un soignant, au sein d’une sphère quasi-familiale, pour une population particulièrement exposée au stress et au sentiment d’insécurité.

 

De l’insuffisance des solutions proposées

L’enquête Handicaps-Incapacités-Dépendances(HID) de l’INSEE 1998-2002 indiquait que 56 000 personnes étaient hospitalisées en soins psychiatriques, dont un quart depuis plus d’un an.

Ainsi, il existe des oubliés de la désinstitutionalisation et les portes de l’hôpital ne s’ouvrent pas toujours vers la cité. Un nombre résiduel de patients reste, par défaut de solution, ou par peur des soignants, à l’hôpital. Ils représentent au niveau national 28% des patients hospitalisés en psychiatrie.

 

L’idée : mettre fin à une spirale de précarité chez ces personnes, ne pouvant vivre seules de façon autonome, et ne relevant plus d’une hospitalisation ou d’un mode d’hébergement institutionnel

 

La difficulté :  face à chaque autorité locale, prouver d’une part que la solution s’avère adaptée au cas des exclus, et d’autre part qu’il n’existe pas de solution alternative dans la réalité, les réponses institutionnelles classiques étant soit inadaptées, soit inexistantes.