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AVIS  DE  PERSONNES  AUTORISÉES  

 

·         Anne Gongora, Vice – Présidente du TGI de Reims

·        Docteurs  Alain PERCEAU  et  Thierry BROCHIER

·         Brigitte K., Gouvernante.

 

 

L’avis de la Vice-présidente

du Tribunal de Grande Instance de Reims

 

Une volonté de qualité

La charge de travail des Juges des tutelles qui s’occupent de la protection des incapables majeurs augmente régulièrement depuis plus de 10 ans et à l’aube du troisième millénaire les enjeux qualitatifs des mesures de protection apparaissent comme un défi qu’il faut relever : la gestion des biens, mais aussi ce sont les choix de vie de la personne, le respect de sa dignité ou son retrait progressif de la société qui sont en jeu.

 

C’est cette philosophie et l’écoute attentive des demandes provenant "du terrain" c’est-à-dire des majeurs protégés eux-mêmes qui ont poussé l’UDAF de la Marne à tenter une expérience innovante que j’ai découverte en 1994 et qui s’est développée sous l’appellation "Familles Gouvernantes: faire de la personne le centre du dispositif. Pour la juridiction, les Familles Gouvernantes sont une création répondant aux besoins du terrain.

 

Un constat

 

Un grand nombre de majeurs ne peuvent vivre au quotidien sans être épaulés et sont soit trop jeunes, soit insuffisamment handicapés pour être pris en charge par un établissement. De plus, ils ne rentrent souvent dans aucune catégorie définie (handicap physique, handicap mental ou handicap social) et cumulent plusieurs sortes de difficultés (dépressions nécessitant un suivi psychiatrique, plus alcoolisme nécessitant un suivi médical, plus désocialisation après plusieurs années de vie dans la rue nécessitant une prise en charge sociale, etc.).

 

Enfin, leur état est susceptible d’amélioration et la mesure de protection doit leur permettre de retrouver leur dignité et de reprendre si possible leur place dans la société. Or, en France, il n’existe pas de structure permettant d’appréhender la personne dans sa globalité et de prendre en charge des problématiques complexes.

 

De plus certaines familles prenant en charge elles-mêmes un majeur protégé ont besoin de temps de récupération et ne trouvent pas les relais qui leur permettent de se reposer afin de continuer à assumer leur rôle.

 

 

Les Familles Gouvernantes : une réponse

 

La prise en charge du majeur protégé repose donc sur deux principes :

 

recréer une ambiance familiale, une présence, un lien affectif en partageant des moments et des actions,

rémunérer une gouvernante (pilier affectif de la maison) en mettant en commun les possibilités financières de plusieurs majeurs protégés.

 

Ce projet a démontré qu’il permettait de concilier des aspirations souvent considérées comme étant contradictoires :

 

la protection et la liberté, en s’assurant que le majeur dispose à la fois de possibilités personnelles de vie et remplit ses obligations ;

 

la pluridisciplinarité des partenariats : avec les organismes logeurs, les médecins généralistes, les médecins psychiatres, le Juge des tutelles et le gérant de tutelle, le secteur social ;

 

le respect des compétences de chacun organisées autour de la suprématie du terme de "projet global" qui vise chaque personne coordonnée par la gouvernante et l’institutionnel ;

 

la sécurité (le majeur protégé est l’employeur de la gouvernante et colocataire de l’appartement, il n’est pas soumis au bon vouloir d’une Institution) ;

 

la flexibilité en fonction de l’amélioration de son état, le majeur protégé a la possibilité de revenir vivre dans sa famille ou de devenir autonome s’il le souhaite.

 

 

 

 

 

L’avis des médecins

 

 

 

Nous sommes psychiatres traitant de nombreux patients de ces structures. Nous l’avons été comme hospitaliers au CHU et le sommes comme libéraux.

Il faut rendre hommage à l’équipe de l’UDAF pour l’immense travail réalisé dans les structures de réhabilitation psychosociale que sont les appartements avec famille gouvernante.

Repères, assistance et protection, hygiène et soins, activités, tout ce dont le malade mental a besoin est développé dans ces appartements dans une logique de partenariat avec différents acteurs du soin psychique.

 

Cette réhabilitation psychosociale concerne essentiellement des malades psychotiques mais aussi des patients atteints de démence voire certains individus sans pathologie avérée mais déstabilisés et engagés dans une spirale désintégrative sociale et psychologique.

 

Pierre DENEKER, découvreur des neuroleptiques, a dit : "En France, quand quelqu’un trouve quelque chose, d’abord on dit ce n’est pas vrai, ensuite on dit ce n’est pas important, enfin on dit c’est vrai, c’est important, mais ce n’est pas lui qui l’a trouvé".

 

Qu’on ne s’y trompe pas : la méthode de l’UDAF fonctionne bien. Elle est indispensable à la prévention des rechutes et à la réintégration sociale de bien des patients du département. Elle comble un vide en ce qui concerne les structures post-hospitalières. Ne pas abandonner le patient psychotique à son destin tragique et œuvrer pour permettre sa réinsertion même protégée et partielle suppose assouplissement des mentalités et pratiques.

 

Nous rencontrons dans ces structures humanité, dévouement, échange, formation réciproque ; il y règne finalement un pragmatisme qui promeut - enfin ! - une représentation positive de la maladie mentale. Mais nous croyons qu’il y a plus : ces structures ne sont ni un traitement psychique, ni un traitement social de la psychose, elles sont les deux, c’est-à-dire au centre du nécessaire aux malades.

 

Docteur Alain PERCEAU - Docteur Thierry BROCHIER

 

 

L’avis de Brigitte K., gouvernante,

Jeudi 7 octobre 2004

 

Je suis également gouvernante à Reims depuis 6 ans. Mon travail me plait beaucoup, il est très passionnant même si j’avais déjà cela dans l’âme ; il m’apporte chaque jour quelque chose de nouveau. Un regard différent sur ceux qui souffrent, ceux qui n’ont plus rien, ceux qui sont différents.

 

Je voudrais surtout revenir sur l’article qui parle très brièvement "de la gouvernante au quotidien" :

 

l’accompagnement dans le logement = Ménage complet (carreaux, armoires, frigo, congélateur, ...), achat de linge pour la maison ++ , achat de la nourriture pour 5 (ou 10 quand on remplace notre binôme), achat des produits d’entretien, ...

 la restauration = Préparation des 3 repas + goûter + le service du repas

 l’hygiène et les soins = Veiller à la toilette de chacun ou l’aider à se laver, à s’habiller. Achat des vêtements, entretien du linge : lavage, repassage, raccommodage si besoin. Achat des produits de toilettes. Préparation des piluliers. Prise et accompagnement des divers RDV : psy, généralistes, spécialistes, RDV au CHU, au coiffeur, pédicure, etc. ...

 

Les loisirs, les vacances : nous organisons diverses activités pour les pensionnaires.

 Nous louons une salle et, chaque semaine, chacun peut venir selon son choix à différentes activités : chant, école, danse, cuisine, théâtre, sorties nature.

Nous animons ces activités pour la plupart sur un temps bénévole, 1 fois par semaine de 14h à 17h.

Nous louons également la salle 1 fois par mois pour fêter les anniversaires du mois.

Nous organisons aussi 2 voyages par année (certaines partent 1 semaine en vacances avec leurs pensionnaires).

Ainsi que 2 fêtes en collaboration avec l’UDAF, "la fête de Noël" et un grand barbecue fin juin pour "la fête de l’été", à ces occasions nous en profitons pour faire une représentation de nos danses, chants et théâtre appris pendant l’année.

Je me suis permise de revenir sur la "gouvernante au quotidien" car je trouvais le passage un peu bref et notre rôle à nous : Gouvernante est un peu plus que cela ; nous sommes, il ne faut pas l’oublier, le pilier de l’appartement et en réalité le seul référent.

 Je sais que le travail que je fais est formidable mais nous ne sommes pas reconnues à notre juste valeur.

 

COMBIEN COÛTE UNE JOURNÉE

EN PSYCHIATRIE À L’HÔPITAL ?


 

PS : Bien entendu, je vous autorise à reproduire mon message. Depuis que notre service existe, il est grand temps qu’un maximum de personnes puisse nous découvrir. Il est vrai que nous faisons un travail formidable. Les personnes dont nous nous occupons chaque jour sont heureuses, elles sont bien, parfaitement intégrées dans leur logement, dans leur immeuble, dans leur quartier. Et pourtant, quand on nous emmène une nouvelle personne, la partie n’est pas toujours gagnée d’avance.

Je connais bien le travail de la famille d’accueil (ma mère et ma sœur le sont). Mais je peux vous assurer, avec ma propre expérience, que cela n’a rien de comparable, le salaire non plus d’ailleurs. Il m’arrive parfois de les envier.